Visite à Singapour – Article du Petit Journal

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Singapour, 9 mars 2015

VISITE A SINGAPOUR – du Sénateur Christiane Kammermann

Sénateur des Français de l’étranger depuis 11 ans, Christiane Kammermann a eu un parcours de terrain marqué par la guerre qui a ravagé le Liban entre 1973 et 1985. De son engagement auprès de la communauté française dans ces circonstances, elle a conservé le souci de soutenir les Français vivant à l’étranger, particulièrement ceux qui, du fait de la situation politique, se trouvent en danger ou qui âgés, malades et sans ressources, se trouvent complètement démunis.

Dans quelles conditions êtes-vous partie au Liban, puis vous êtes-vous engagée en politique ?
Christiane Kammermann - Je me suis mariée très jeune et j’ai eu 5 enfants. Mon mari était un ophtalmologue suisse de renom. Il a été sollicité pour s’installer au Liban car le Moyen-Orient manquait de spécialistes. Lorsque la guerre du Liban s’est déclarée, mon père voulait que nous rentrions en France, mais l’Ambassadeur de l’époque lui a fait valoir qu’il avait besoin que j’aide la communauté française. C’est ainsi qu’ont démarré mes premiers engagements, d’abord dans un contexte associatif, avec la création de la section Liban de l’UFE, qui avec 2500 membres était la plus importante du monde, puis politique, puisque parallèlement j’ai été élue au Conseil Supérieur des Français de l’étranger, devenu par la suite Assemblée des Français de l’étranger.

Les Français et les Franco-Libanais ont énormément souffert pendant cette période. Cette guerre du Liban a été une horreur absolue. Tout ce qui pouvait arriver de plus terrible s’y est déroulé.

Comment êtes-vous, vous-même, parvenue à tenir ?

- Je ne sais pas. J’allais tous les 3 mois en France dans le cadre de mes fonctions de délégué au Conseil Supérieur des Français de l’étranger où je rendais compte de ce qui se passait au Liban. Je me suis attachée à faire vivre la France auprès de mes compatriotes au travers de tous les symboles disponibles : hymnes, drapeaux….et de beaucoup d’autres actions. Cela a aidé un grand nombre de personnes qui avaient subi d’importants dommages. J’ai sollicité Jacques Chirac, à l’époque, Maire de Paris, afin qu’il m’aide à trouver de l’argent pour les Français du Liban démunis. Grâce à l’intervention de Charles Pasqua j’ai pu obtenir une somme conséquente que j’ai déposé officiellement auprès du  Consul de France, M Jean Marc Simon, dès mon retour. Cela nous a permis d’aider les personnes privées de ressources et sans abri.

Quel lien gardez-vous aujourd’hui avec le Liban ?

- Un attachement profond et amical. Le Liban est un très beau pays, mais un pays explosif. A chaque instant, tout peut basculer. La guerre est aux portes du Liban. Daech y est infiltrée et y a été l’auteur de la décapitation d’une vingtaine de jeunes militaires libanais. J’y retourne néanmoins régulièrement. J’y vais ainsi le 20 mars pour honorer la mémoire des anciens combattants aux côtés du Grand Chancelier de la Légion d’Honneur, M. Jean-Louis Georgelin.

Entre autres mandats, vous êtes aussi administratrice du Comité d’Entraide des Français Rapatriés (CEFR). De quoi s’agit-il ?

- Le CEFR est une institution, dépendant du Ministère des Affaires Etrangères, qui s’occupe de rapatrier les Français victimes d’évènements politiques, sociaux ou économiques dans leur pays de résidence. Nous aidons les rapatriés, en particulier ceux qui n’ont rien, à se réinsérer en métropole, en les soutenant pour trouver un logement et rechercher un emploi.

 

Je me suis battue longtemps pour que l’on crée en France un établissement Ehpad (établissement d’hébergement de Personnes âgées dépendantes) qui accueille les personnes, malades ou âgées, en situation de grande dépendance de précarité et de rupture socio-familiale venant de l’étranger. J’ai fini par obtenir un financement en deux fois pour créer un établissement de ce type à Gaillac dans le Tarn, qui d’ailleurs fonctionne très bien.

Quand vous vous déplacez à l’étranger, comment faites-vous pour identifier les situations de détresse dans la communauté française ?

- Ce n’est pas le cas à Singapour, heureux et bien portant pays, mais dans un certain nombre de pays dans lesquels les infrastructures sont moins fiables ou plus complexes, je demande systématiquement : y-a-t-il des prisonniers français ? y-a-t-il des religieux français sans ressources ? Y-a-t-il des personnes âgées ou des enfants malades privés de soins par manque de moyens ?

Comment s’est déroulée votre visite à Singapour ?

- A Singapour, j’ai été excellemment reçue par SE M. L’Ambassadeur de France, Benjamin Dubertret et le Consul de France M. Alexandre Fernandes qui ont témoigné de beaucoup de gentillesse et de disponibilité à mon égard.

Je me suis également rendue au Lycée Français et à l’Alliance Française. J’ai aussi rencontré les responsables de l’Association des Français de Singapour et ai participé, avec Jacky Deromedi et Thierry Mariani, à une réunion de l’UMP.

J’ai beaucoup apprécié Singapour, sa propreté et les couleurs chatoyantes  de ses shophouses.J’ai parcouru l’immense jardin botanique de Singapour, veritable et sublime forêt tropicale au milieu de la ville, et était enchantée de contempler la variété (plus de 1 000 espèces différentes )et la palette de couleurs offertes par la visite du Jardin national des orchidées.

Singapour offre au monde une grande leçon de respect des religions, des ethnies et des différences. Cela m’a beaucoup touchée.

Pour toutes ces raisons, je suis revenue très enthousiaste de ce voyage à Singapour.

Propos recueillis par Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour)