Déplacement en Jordanie avril 2012

Compte rendu du déplacement du groupe interparlementaire France – Jordanie à Amman

11 au 17 avril 2012

DSCF3265

A l’invitation du président du Sénat jordanien, Son Excellence M. Taher Masri, je me suis rendue en Jordanie avec une délégation du groupe interparlementaire France – Jordanie, composée de M. Bertrand Auban, et de Mme. Marie-Thérèse Bruguière.

 

Arrivés en fin d’après-midi à Ammam nous nous rendons, dès le lendemain matin au Lycée français pour une visite de chantier du nouveau bâtiment celui-ci devrait ouvrir ses portes début 2013. Nous sommes ensuite reçus au Ministère des Affaires étrangères pour un entretien sur la situation régionale.

 

En fin de matinée nous quittons Ammam pour Salt où nous attend la Directrice de «l’Association pour la promotion des familles jordaniennes Mme. Fatima Nsour ». Après avoir visité les locaux et admiré la production d’artisanat local, nous sommes invités par Mme. Fatima Nsour à déguster le fameux « mensaf » !

 

De retour à Ammam nous sommes reçus par M. Rohile GHARAIBEH, membre du bureau exécutif de la Confrérie des frères musulmans jordaniens puis par M. Saleh AL ROCHEDAT, Secrétaire Général du Courant National.

 

La journée se termine par un dîner très convivial chez Mme. Leyla SHARAF, ancien Ministre et ancien Sénateur.

 

Les 3 jours suivants 13, 14 et 15 avril nous partons à la découverte de ce beau pays petit par sa taille mais grand par son histoire ! Au menu la cité gréco-romaine de Jerash, le site d’Um Qais, Pétra et enfin le désert du Wadi Rum célèbre pour ses roches verticales sculptées dans le vent.

 

De retour à Amman le lundi 16 avril nous sommes reçus par M. Taher Masri, Président du Sénat et par M. Abdelkarim El Doghmi, Président de la Chambre des Députés. Nous nous dirigeons ensuite au Ministère de l’Industrie et du Commerce et nous nous entretenons avec M.Haya QARALLEH, Ministre du Développement politique et des Affaires parlementaires.

 

Lundi 16 avril c’est en tout début de matinée que nous arrivons à Ammam Le lendemain matin, vendredi 13 avril nous quittons Ammam direction Jerash.

 

  • par M. Taher MASRI      Président du Sénat et M. Abdelkarim El DOGHMI, Président de la Chambre des      Députés.
  • Le 1er      avec M. Rohile GHARAIBEH

 

 

 

Au cours de ces entretiens, la délégation a pu mesurer l’avancée des réformes politiques voulues par le Roi, mais aussi mieux comprendre la position de la Jordanie concernant l’évolution de la crise syrienne.  Enfin, les grands projets de développement de la Jordanie ont été largement évoqués

 

I. Le choix de « la réforme plutôt que la révolution »

La délégation a pu constater que la Jordanie progresse vers une société plus démocratique et plus ouverte, ce qui se traduit également par une évolution notable du rôle et de la place des femmes.

 

A- Les réformes constitutionnelle et électorale : des avancées suffisantes ?

Les réformes constitutionnelle et électorale engagées par le Roi ont été au coeur des différents entretiens qu’a eus la délégation avec plusieurs personnalités politiques jordaniennes. Toutes ont reconnu les réelles avancées qu’a permis cette réforme.

 

  • • La délégation s’est tout d’abord rendue au ministère des affaires étrangères.

MM. Hussein Al-Husseini, Directeur pour l’Europe, et Samer Naber, Directeur du Bureau de coordination des négociations, ont rappelé que le processus de démocratisation de la Jordanie –bien que tardif du fait des conflits irakien et israélo-palestinien–, a été initié bien avant l’éclosion des mouvements du « Printemps arabe » dans les pays du Maghreb.

 

  • Le Président de la Chambre des députés, M. Abdelkarim Doghmi, avec lequel la délégation s’est entretenue en présence de M. Mohammed Halaiqah, Président de la commission des affaires arabes et étrangères, et de plusieurs membres du groupe d’amitié (MM. Ayasrah, Khlaileh et Hiari), a pour sa part

fait valoir les grandes avancées opérées par la réforme constitutionnelle de 2011, qui ont permis, selon lui, un rééquilibrage entre les trois pouvoirs en consacrant l’indépendance du pouvoir judiciaire et en renforçant le rôle du Parlement.

 

Par ailleurs, deux nouvelles institutions ont été créées :

 

- une Commission de contrôle électoral indépendante, dont l’objectif est de veiller à la transparence du processus électoral et au bon déroulement des élections ;

- et une Cour constitutionnelle, chargée de contrôler la conformité des lois à la constitution.

 

  • Le Président du Sénat, M. Taher Masri, accompagné de M. Nabih Shouqoum, président du groupe d’amitié Jordanie-France, de M. Aqel Beltaji, membre du groupe d’amitié, et de M. Ghazi El-Zaben, président de la commission de la santé et de l’environnement, a réservé un accueil chaleureux à la délégation sénatoriale. Les échanges, ont porté en particulier sur les réformes constitutionnelle et électorale, la situation en Syrie et au Moyen Orient et le projet nucléaire jordanien.

 

Lors de cet entretien, M. Taher Masri a rappelé que la Jordanie a fait le choix de « la réforme plutôt que celui de la révolution », ce qui explique selon lui la relative stabilité politique du pays comparativement à ses voisins arabes, et cela, malgré les difficultés économiques du pays et un contexte régional tendu.

 

  • M. Saleh Rsheudat, secrétaire général du Courant national, parti loyaliste proche du Roi, a salué les réformes engagées qui ont permis, selon lui, de répondre favorablement aux demandes de la population et d’aboutir à

un «nouveau pacte social » entre le Roi et le peuple.

 

Il a par ailleurs évoqué le problème que pose la représentation de la population d’origine palestinienne, souhaitant que celle-ci puisse participer pleinement à la vie politique jordanienne et être à la fois mieux intégrée et mieux représentée.

 

  • M. Rohileh Gharaibeh, membre du bureau exécutif de la Confrérie des Frères musulmans s’est montré plus critique sur la situation politique du pays, dénonçant la corruption et des réformes inabouties. Il a appelé de ses voeux « l’avènement d’une véritable monarchie parlementaire ». Il a

expliqué que, à terme, l’objectif de la Confrérie est bien de favoriser la mise en place d’une « société musulmane », mais dans le cadre d’un Etat laïc, la religion n’ayant pas, selon lui, sa place au coeur du pouvoir.

 

B- La promotion des femmes au coeur de l’évolution de la société jordanienne

Le ministre du Développement politique et des affaires parlementaires, M. Haya Qaraleh, a souligné les améliorations apportées par la loi constitutionnelle de 2011 et la nouvelle loi électorale votée en juillet 2012 concernant la représentation politique des femmes.

 

Au cours de ses échanges avec les sénatrices jordaniennes, la délégation a pu également mesurer la force de l’engagement des femmes dans la vie politique. Soucieuses d’améliorer la représentation des femmes au Parlement (13 sur 120 à la Chambre des Députés), elles se sont notamment montrées très offensives sur l’augmentation du nombre de femmes nommées au Sénat, limité jusqu’à présent à 7 sur 60. Par ailleurs, elles ont évoqué la nécessité de faire évoluer la loi dans plusieurs domaines pour améliorer la condition féminine dans la société jordanienne : respect du patrimoine des femmes lors d’une séparation, refus du mariage forcé, etc.

 

2. La promotion professionnelle des femmes dans la vie économique grâce à la formation

La délégation sénatoriale s’est également rendue à Salt, au Nord-Ouest d’Amman, où elle a été chaleureusement accueillie par Mme Fatima Nsour, présidente d’une association engagée en faveur de la formation professionnelle des femmes, dont l’objectif est de lutter contre la précarité de leur condition et de favoriser la transmission des savoir-faire en privilégiant la réalisation de produits de l’artisanat local (confection de robes et foulards

brodés, vannerie, …).

 

II. Le conflit syrien : des dommages collatéraux importants pour la Jordanie

 

Le conflit syrien et ses répercussions économiques et politiques pour la Jordanie ont été au coeur des échanges de la délégation avec ses interlocuteurs jordaniens.

 

L’afflux de réfugiés par voie irrégulière, estimé à 100 à 300 en moyenne par jour, constitue un véritable défi économique pour la Jordanie, dont les ressources en eau et en électricité sont limitées. A cela s’ajoutent les perturbations fortes de l’acheminement des marchandises transitant habituellement par la Syrie.

 

Au total, les autorités jordaniennes ont dit avoir comptabilisé sur leur territoire près de 120 000 réfugiés syriens depuis le début du conflit, tandis que les associations humanitaires estiment à quelque 35 000 le nombre de personnes vulnérables nécessitant une aide.

 

Le président du Sénat, M. Taher Masri, a, de son côté, insisté sur la situation inconfortable de la Jordanie qui se doit de préserver de bonnes relations avec l’ensemble des pays de la région (Irak, Israël et Arabie Saoudite), alors même que leurs intérêts sont le plus souvent divergents.

 

III. Des chantiers ambitieux pour favoriser le développement de l’économie jordanienne

Les grands projets économiques de la Jordanie et le développement des relations commerciales avec la France ont également fait l’objet d’échanges fructueux.

 

A- Le projet nucléaire « en suspens »

L’ensemble des interlocuteurs jordaniens rencontrés par la délégation ont reconnu le caractère central de la question énergétique en Jordanie ainsi que l’urgente nécessité de trouver de nouvelles sources d’énergie (éolienne, nucléaire ou solaire) à la suite de l’interruption de la livraison du gaz égyptien.

 

B- Le Canal « Mer rouge - Mer morte » : un projet prioritaire pour la Jordanie

Le projet de drainage des eaux de la Mer rouge vers la Mer morte vise à la fois à augmenter l’approvisionnement en eau grâce à la désalinisation et à produire de l’électricité grâce à la construction du barrage hydraulique.

 

C- Le souhait d’un développement des relations d’affaires avec la France

La France est le premier investisseur non arabe en Jordanie, ce dont se sont félicités les représentants du ministère de l’industrie et du commerce rencontrés par la délégation.

 

Afin de développer les relations commerciales entre la Jordanie et la France,

ils ont demandé un assouplissement des conditions d’application de la règle du pays d’origine prévue par l’Accord d’association entre l’Union européenne et la Jordanie et ont souhaité la mise en place d’un Club d’échanges économiques et d’affaires franco-jordanien, projet que l’ambassade de France s’est engagée à soutenir.

*

Cette mission, en plus de contribuer à renforcer les relations d’amitié entre le Sénat jordanien et le Sénat français, aura permis à la délégation sénatoriale d’apprécier sur place l’impact de la réforme politique engagée par le Roi sur la classe politique et la société jordanienne dans son ensemble. A cet égard, l’organisation des prochaines élections législatives et le taux de participation seront un premier test pour savoir si, selon les termes du Roi Abdallah II, la société jordanienne aura réussi sa « transition historique vers un gouvernement parlementaire ».

 

Compte rendu du déplacement du groupe interparlementaire France – Jordanie à Amman

11 au 17 avril 2012

 

A l’invitation du président du Sénat jordanien, Son Excellence M. Taher Masri, je me suis rendue en Jordanie avec une délégation du groupe interparlementaire France – Jordanie, composée de M. Bertrand Auban, et de Mme. Marie-Thérèse Bruguière.

 

Arrivés en fin d’après-midi à Ammam nous nous rendons, dès le lendemain matin au Lycée français pour une visite de chantier du nouveau bâtiment celui-ci devrait ouvrir ses portes début 2013. Nous sommes ensuite reçus au Ministère des Affaires étrangères pour un entretien sur la situation régionale.

 

En fin de matinée nous quittons Ammam pour Salt où nous attend la Directrice de «l’Association pour la promotion des familles jordaniennes Mme. Fatima Nsour ». Après avoir visité les locaux et admiré la production d’artisanat local, nous sommes invités par Mme. Fatima Nsour à déguster le fameux « mensaf » !

 

De retour à Ammam nous sommes reçus par M. Rohile GHARAIBEH, membre du bureau exécutif de la Confrérie des frères musulmans jordaniens puis par M. Saleh AL ROCHEDAT, Secrétaire Général du Courant National.

 

La journée se termine par un dîner très convivial chez Mme. Leyla SHARAF, ancien Ministre et ancien Sénateur.

 

Les 3 jours suivants 13, 14 et 15 avril nous partons à la découverte de ce beau pays petit par sa taille mais grand par son histoire ! Au menu la cité gréco-romaine de Jerash, le site d’Um Qais, Pétra et enfin le désert du Wadi Rum célèbre pour ses roches verticales sculptées dans le vent.

 

De retour à Amman le lundi 16 avril nous sommes reçus par M. Taher Masri, Président du Sénat et par M. Abdelkarim El Doghmi, Président de la Chambre des Députés. Nous nous dirigeons ensuite au Ministère de l’Industrie et du Commerce et nous nous entretenons avec M.Haya QARALLEH, Ministre du Développement politique et des Affaires parlementaires.

 

Lundi 16 avril c’est en tout début de matinée que nous arrivons à Ammam Le lendemain matin, vendredi 13 avril nous quittons Ammam direction Jerash.

 

  • par M. Taher MASRI      Président du Sénat et M. Abdelkarim El DOGHMI, Président de la Chambre des      Députés.
  • Le 1er      avec M. Rohile GHARAIBEH

 

Au cours de ces entretiens, la délégation a pu mesurer l’avancée des réformes politiques voulues par le Roi, mais aussi mieux comprendre la position de la Jordanie concernant l’évolution de la crise syrienne.  Enfin, les grands projets de développement de la Jordanie ont été largement évoqués

 

I. Le choix de « la réforme plutôt que la révolution »

La délégation a pu constater que la Jordanie progresse vers une société plus démocratique et plus ouverte, ce qui se traduit également par une évolution notable du rôle et de la place des femmes.

 

A- Les réformes constitutionnelle et électorale : des avancées suffisantes ?

Les réformes constitutionnelle et électorale engagées par le Roi ont été au coeur des différents entretiens qu’a eus la délégation avec plusieurs personnalités politiques jordaniennes. Toutes ont reconnu les réelles avancées qu’a permis cette réforme.

 

  • • La délégation s’est tout d’abord rendue au ministère des affaires étrangères.

MM. Hussein Al-Husseini, Directeur pour l’Europe, et Samer Naber, Directeur du Bureau de coordination des négociations, ont rappelé que le processus de démocratisation de la Jordanie –bien que tardif du fait des conflits irakien et israélo-palestinien–, a été initié bien avant l’éclosion des mouvements du « Printemps arabe » dans les pays du Maghreb.

 

  • Le Président de la Chambre des députés, M. Abdelkarim Doghmi, avec lequel la délégation s’est entretenue en présence de M. Mohammed Halaiqah, Président de la commission des affaires arabes et étrangères, et de plusieurs membres du groupe d’amitié (MM. Ayasrah, Khlaileh et Hiari), a pour sa part

fait valoir les grandes avancées opérées par la réforme constitutionnelle de 2011, qui ont permis, selon lui, un rééquilibrage entre les trois pouvoirs en consacrant l’indépendance du pouvoir judiciaire et en renforçant le rôle du Parlement.

 

Par ailleurs, deux nouvelles institutions ont été créées :

 

- une Commission de contrôle électoral indépendante, dont l’objectif est de veiller à la transparence du processus électoral et au bon déroulement des élections ;

- et une Cour constitutionnelle, chargée de contrôler la conformité des lois à la constitution.

  • Le Président du Sénat, M. Taher Masri, accompagné de M. Nabih Shouqoum, président du groupe d’amitié Jordanie-France, de M. Aqel Beltaji, membre du groupe d’amitié, et de M. Ghazi El-Zaben, président de la commission de la santé et de l’environnement, a réservé un accueil chaleureux à la délégation sénatoriale. Les échanges, ont porté en particulier sur les réformes constitutionnelle et électorale, la situation en Syrie et au Moyen Orient et le projet nucléaire jordanien.

Lors de cet entretien, M. Taher Masri a rappelé que la Jordanie a fait le choix de « la réforme plutôt que celui de la révolution », ce qui explique selon lui la relative stabilité politique du pays comparativement à ses voisins arabes, et cela, malgré les difficultés économiques du pays et un contexte régional tendu.

 

  • M. Saleh Rsheudat, secrétaire général du Courant national, parti loyaliste proche du Roi, a salué les réformes engagées qui ont permis, selon lui, de répondre favorablement aux demandes de la population et d’aboutir à

un «nouveau pacte social » entre le Roi et le peuple.

 

Il a par ailleurs évoqué le problème que pose la représentation de la population d’origine palestinienne, souhaitant que celle-ci puisse participer pleinement à la vie politique jordanienne et être à la fois mieux intégrée et mieux représentée.

 

  • M. Rohileh Gharaibeh, membre du bureau exécutif de la Confrérie des Frères musulmans s’est montré plus critique sur la situation politique du pays, dénonçant la corruption et des réformes inabouties. Il a appelé de ses voeux « l’avènement d’une véritable monarchie parlementaire ». Il a

expliqué que, à terme, l’objectif de la Confrérie est bien de favoriser la mise en place d’une « société musulmane », mais dans le cadre d’un Etat laïc, la religion n’ayant pas, selon lui, sa place au coeur du pouvoir.

 

B- La promotion des femmes au coeur de l’évolution de la société jordanienne

Le ministre du Développement politique et des affaires parlementaires, M. Haya Qaraleh, a souligné les améliorations apportées par la loi constitutionnelle de 2011 et la nouvelle loi électorale votée en juillet 2012 concernant la représentation politique des femmes.

 

Au cours de ses échanges avec les sénatrices jordaniennes, la délégation a pu également mesurer la force de l’engagement des femmes dans la vie politique. Soucieuses d’améliorer la représentation des femmes au Parlement (13 sur 120 à la Chambre des Députés), elles se sont notamment montrées très offensives sur l’augmentation du nombre de femmes nommées au Sénat, limité jusqu’à présent à 7 sur 60. Par ailleurs, elles ont évoqué la nécessité de faire évoluer la loi dans plusieurs domaines pour améliorer la condition féminine dans la société jordanienne : respect du patrimoine des femmes lors d’une séparation, refus du mariage forcé, etc.

 

2. La promotion professionnelle des femmes dans la vie économique grâce à la formation

La délégation sénatoriale s’est également rendue à Salt, au Nord-Ouest d’Amman, où elle a été chaleureusement accueillie par Mme Fatima Nsour, présidente d’une association engagée en faveur de la formation professionnelle des femmes, dont l’objectif est de lutter contre la précarité de leur condition et de favoriser la transmission des savoir-faire en privilégiant la réalisation de produits de l’artisanat local (confection de robes et foulards

brodés, vannerie, …).

 

II. Le conflit syrien : des dommages collatéraux importants pour la Jordanie

 

Le conflit syrien et ses répercussions économiques et politiques pour la Jordanie ont été au coeur des échanges de la délégation avec ses interlocuteurs jordaniens.

 

L’afflux de réfugiés par voie irrégulière, estimé à 100 à 300 en moyenne par jour, constitue un véritable défi économique pour la Jordanie, dont les ressources en eau et en électricité sont limitées. A cela s’ajoutent les perturbations fortes de l’acheminement des marchandises transitant habituellement par la Syrie.

 

Au total, les autorités jordaniennes ont dit avoir comptabilisé sur leur territoire près de 120 000 réfugiés syriens depuis le début du conflit, tandis que les associations humanitaires estiment à quelque 35 000 le nombre de personnes vulnérables nécessitant une aide.

 

Le président du Sénat, M. Taher Masri, a, de son côté, insisté sur la situation inconfortable de la Jordanie qui se doit de préserver de bonnes relations avec l’ensemble des pays de la région (Irak, Israël et Arabie Saoudite), alors même que leurs intérêts sont le plus souvent divergents.

 

III. Des chantiers ambitieux pour favoriser le développement de l’économie jordanienne

Les grands projets économiques de la Jordanie et le développement des relations commerciales avec la France ont également fait l’objet d’échanges fructueux.

 

A- Le projet nucléaire « en suspens »

L’ensemble des interlocuteurs jordaniens rencontrés par la délégation ont reconnu le caractère central de la question énergétique en Jordanie ainsi que l’urgente nécessité de trouver de nouvelles sources d’énergie (éolienne, nucléaire ou solaire) à la suite de l’interruption de la livraison du gaz égyptien.

 

B- Le Canal « Mer rouge - Mer morte » : un projet prioritaire pour la Jordanie

Le projet de drainage des eaux de la Mer rouge vers la Mer morte vise à la fois à augmenter l’approvisionnement en eau grâce à la désalinisation et à produire de l’électricité grâce à la construction du barrage hydraulique.

 

C- Le souhait d’un développement des relations d’affaires avec la France

La France est le premier investisseur non arabe en Jordanie, ce dont se sont félicités les représentants du ministère de l’industrie et du commerce rencontrés par la délégation.

 

Afin de développer les relations commerciales entre la Jordanie et la France,

ils ont demandé un assouplissement des conditions d’application de la règle du pays d’origine prévue par l’Accord d’association entre l’Union européenne et la Jordanie et ont souhaité la mise en place d’un Club d’échanges économiques et d’affaires franco-jordanien, projet que l’ambassade de France s’est engagée à soutenir.

*

Cette mission, en plus de contribuer à renforcer les relations d’amitié entre le Sénat jordanien et le Sénat français, aura permis à la délégation sénatoriale d’apprécier sur place l’impact de la réforme politique engagée par le Roi sur la classe politique et la société jordanienne dans son ensemble. A cet égard, l’organisation des prochaines élections législatives et le taux de participation seront un premier test pour savoir si, selon les termes du Roi Abdallah II, la société jordanienne aura réussi sa « transition historique vers un gouvernement parlementaire ».